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Crues historiques

Frise historique (à venir)

La liste ci-dessous s’attache à décrire certaines inondations vécues par le territoire tech-Albères mais n’est pas exhaustive.
De nombreux autres évènements, ont été répertoriés. Pour une vision complète des crues ayant impacté ce territoire au cours du temps, vous pouvez vous référer à l’étude historique des inondations du bassin versant du Tech et des fleuves côtiers des Albères.

 

– La crue des 16 et 17 octobre 1763 concernent la vallée du Tech, mais en particulier les communes de la basse plaine : Brouilla, Ortaffa et Elne notamment. Les fleuves côtiers des Albères furent également touchés dans une moindre mesure. Les versants du Canigou ont subi un aiguat considérable. Il y eut 13 morts, de nombreux dégâts, et l’église du Tech fut emportée et de nombreuses terres agricoles furent ravagées. A Brouilla, le Tech a inondé la plus grande partie des terres à l’endroit dit : « Lo Baix ». Il a inondé la plus grande partie des terres de la commune d’Ortaffa et du terroir d’Elne. La rivière a déposé une quantité prodigieuse de sables et graviers.

 

– L’Aiguat de Sant Barthomeu (24 aout 1842), en faisant au moins 18 victimes, atteint un niveau catastrophique qui le fera considérer, jusqu’à 1940, comme le plus meurtrier de tous les temps. La crue du Riuferrer est effroyable, celle du Mondony dépasse toutes les crues connues de mémoire d’homme. On dénombre 5 victimes à Arles-sur-Tech, 1 à Amélie emportée par une vague sur le vieux pont de Palalda, 8 à Céret, 1 au Boulou, et 3 à Brouilla. Au niveau du pont de Brouilla, le Tech avait une largeur de 160 mètres, une hauteur de 3,45 mètres en août 1842 (M. Pardé, 1941). La plaine d’Elne fut ravagée.

 

 

– La crue du 12 octobre 1907 s’avère catastrophique en Vallespir, où elle fait 10 victimes. Les secteurs les plus dévastés sont les vallées des affluents en rive gauche (la Coumelade, le Riuferrer et l’Ample), ainsi que la vallée du Tech entre Arles-sur-Tech et Céret. Le pont Neuf d’Arles sur Tech, la passerelle des papeteries à Amélie-les-Bains et le pont du casino, construit en 1866, subissent d’énormes dégâts. A Palau-del-Vidre, un tronçon du pont du Tech est emporté, ainsi qu’une digue construite quelques années auparavant par la compagnie des chemins de fer du Midi. La plaine d’Elne à Palau est submergée. La hauteur du Tech au pont de Brouilla est de 4,34 m (M. Pardé, 1941 Revue géographique des Pyrénées et du S.W). Le Mondony connaît une forte crue ne laissant qu’une faible lumière au niveau du pont de l’avenue du Vallespir.

 

 

 

 

– La crue du 29 septembre 1913 fut extrêmement brutale et a sinistré la région d’Argelès-sur-Mer à Cerbère. Elle est réputée comme étant la plus forte ayant touché la Côte Vermeille et tout particulièrement à Cerbère où 14 personnes périrent dans l’explosion d’une cuve provoquée par les inondations. Durant cet épisode, la Baillaury emporte le pont du Puig del Mas ainsi qu’une passerelle à Banyuls-sur-Mer. La mémoire collective demeure défaillante quant au déroulement de cette crue.

 

 

 

– L’Aiguat du 16 au 19 octobre 1940 est la crue de référence pour le bassin versant du Tech. Cette crue est causée par des précipitations d’une intensité, d’une extension spatiale et d’une durée exceptionnelles, dont le cumul atteint en certains points du Vallespir jusqu’à 1 000 mm par jour (flanc sud du Canigou). Provoqué par des pluies résultant de la conjugaison d’une perturbation méditerranéenne stationnant 3 à 4 jours et d’un afflux d’air frais venant de l’ouest, l’événement pluvieux qui connaît son paroxysme le 17 octobre au soir est centré sur le Canigou. La crue engendrée par ces pluies a été très rapide : la montée des eaux a été de 3 m en moins d’une demi-heure à Amélie-les-bains (Pardé, 1941), et les vitesses considérables, en particulier entre La Preste et Arles-sur-Tech. La crue s’est caractérisée par des ondes résultant de la rupture d’ouvrages ou d’amas d’embâcles. Les débits liquides mentionnés dans la littérature sont exceptionnels et seraient compris dans une fourchette de 2 500 à 4 500 m³/s selon les études. La crue fit 48 victimes et provoqua des dégâts énormes dans toute la vallée du Tech : destruction partielle du réseau de voies de communication, destruction de dizaines de ponts, destruction complète d’immeubles (60 à Arles-sur-Tech et à Amélie, une dizaine à Prats-de-Mollo), d’usines hydroélectriques, de fabriques, de la gare d’Amélie-les-Bains, et des dégâts importants sur plusieurs centaines de maisons. Des terres agricoles furent emportées, érodées, ravinées, ou recouvertes sous un épais dépôt de sédiments. Les fleuves côtiers des Albères furent également touchés, mais dans une moindre mesure.

 

 

 

Du 20 au 22 novembre 1961, sous l’influence de forts vents de Sud-Est, des pluies diluviennes s’abattent sur les Pyrénées-Orientales : 300 mm d’eau sur le Vallespir sur ces 3 jours. On mesure même jusqu’à 475 mm à La Forge-del-Mitg en seulement 48 heures. Le 22 novembre, la vallée du Tech connait sa plus forte crue depuis celle d’octobre 1940 Celle-ci provoque d’importants dégâts aussi bien en Vallespir, où le Riuferrer dévaste notamment une pisciculture, que par débordements dans la basse plaine à Ortaffa, Elne, Palau-del-Vidre et Argelès-sur-Mer.

 

 

 

 

– Les crues générées par les épisodes pluvieux du 19 au 22 septembre 1971 sont réputées comme étant les plus fortes après celles de 1913. Cet événement revêt un caractère tout à fait exceptionnel sur toute la Côte Vermeille. Collioure est particulièrement touchée par le Douy qui se transforma en torrent de boue et ravagea les habitations riveraines, fit s’effondrer de nombreuses berges et détruisit le réseau d’assainissement. Son débit fut estimé à 105 m³/s par le service d’annonce des crues de la DDE (période de retour de l’ordre de 60 ans). Le Ravaner causa des dégâts matériels importants. Il emporta de nombreux véhicules et caravanes et fut à l’origine d’un décès. Le CEMAGREF en 1997 estime le débit de cette crue compris entre 350 et 400 m³/s pour une période de retour légèrement supérieur à 100 ans. Un autre drame fut à déplorer à Port-Vendres où le Val de Pintas fit céder le mur d’enceinte d’un camping et ensevelit un jeune campeur. Banyuls-sur-Mer fut également sérieusement sinistrée lors de cet épisode. La Baillaury déborda pour rejoindre son ancien lit en empruntant l’avenue du Général de Gaulle, les hauteurs d’eau dépassèrent alors 1,5 m dans certains quartiers de Banyuls. La station limnimétrique de Can-Trouillet sur a enregistré lors de cette crue un niveau correspondant à un débit de l’ordre de 470 m³/s (crue centennale). Un modèle réduit de l’Ecole Nationale d’Hydraulique de Toulouse conclut à un débit transité dans Banyuls de l’ordre de 600 m³/s.

 

 

 

– Le 13 octobre 1986 , le Tech connu dans son cours inférieur une forte crue de période de retour décennale, essentiellement due aux apports de ses affluents venant des Albères et principalement de la rivière de la Rome, dont la crue fut exceptionnelle, aussi bien par les débits liquides (estimés à 700 m³/s) que par l’énorme quantité d’arbres entiers transportés (et qui obstruèrent presque complètement les trois buses de quatre mètres de rayon par lesquelles l’autoroute la franchit). Les communes du piémont des Albères furent durement touchées.

 

 

 

 

– La crue du Tech le 26 septembre 1992 ne fut spectaculaire et vraiment dommageable qu’à l’amont de Prats-de-Mollo (au Pont de la Vierge, débit compris entre 80 et 100 m³/s ; à la station de jaugeage d’Amélie-Palalda il n’excède pas 346 m³/s), et sur quelques affluents, comme le Mondony (122 m³/s à la station de jaugeage des échelles d’Annibal, période de retour 20 ans), la rivière de Reynès, la Rome et la Valmagne. La fréquence de la crue est considérée comme décennale à Céret et vicennale à Elne où le débit dépassa légèrement 1 500 m³/s, ce qui provoqua quelques débordements localisés. Il s’agit de la dernière crue véritablement dommageable vécue sur le bassin versant du Tech.

 

 

 

– L’épisode méditerranéen du 12 et 13 novembre 1999 impacte fortement les Albères et la côte Vermeille. On recense 220 mm précipités au pic du Néulos et 213 mm à Argelès-sur-Mer. A Laroque-des-Albères, on déplore une victime, emportée dans une buse d’évacuation pluviale. La Massane connait une crue importante (d’ordre cinquantennal), son débit atteint 230 m3/s au Mas d’en Tourrens, elle génère d’importants débordements au centre-ville d’Argelès-sur-mer. Un fort coup d’est sur la mer a aggravé la situation pour les fleuves côtiers, l’eau n’a pu s’écouler librement et les inondations et submersions ont été importantes.

 

 

 

 

 

– Du 19 au 21 novembre 2011, le massif des Albères a connu des précipitations particulièrement intenses qui ont généré une crue torrentielle le 21 novembre sur le bassin versant de la Riberette. Celle-ci a causé de nombreux dégâts sur les communes de Sorède et de Saint-André, son débit a été estimé à 300 m³/s, ce qui correspond à une crue d’occurrence centennale sur ce bassin. La Massane a également connu une crue d’occurrence plus que décennale. Les communes de la Côte Vermeille ont été également impactées mais dans une moindre mesure.

 

 

 

 

– La crue du 28 au 30 novembre 2014 a affecté l’ensemble des bassins versants des côtiers des Albères. La Côte Vermeille et la ville d’Argelès-sur-Mer ont été particulièrement touchées par ce phénomène brutal. Les cumuls de pluie sur 48 heures ont atteint jusqu’à 494 mm. Localement des valeurs de cumul horaire d’une période de retour supérieure à 50 ans ont été observés (Banyuls et Argelès). Cette crue s’est caractérisée par des écoulements fortement boueux et un fort transport de végétaux, source de nombreux embâcles. Le très haut niveau marin a empêché en secteur aval l’évacuation des eaux des cours d’eau. D’importants phénomènes de glissement de terrains et de chute de blocs sont apparus ponctuellement notamment sur les communes de Banyuls et Cerbère. Aucune victime n’est à déplorer lors de cet événement bien que plusieurs personnes doivent la vie à l’intervention des secours dans la nuit du 29 au 30 novembre. La décrue a eu lieu très rapidement.

 

 

 

 


 

Les phénomènes les plus intenses sont généralement localisés, ils peuvent concerner certains secteurs du territoire et en épargner d’autres. Ainsi, malgré la proximité des différents bassins versants, tous n’ont pas les mêmes crues de référence. Par exemple, la crue de 2011 a été d’ordre centennal sur la Riberette et seulement d’ordre décennal sur le bassin versant voisin de la Massane.

Sur 128 phénomènes d’inondation recensés sur le territoire entre le XIVe siècle et 2022 (étude historique menée en 2022/2023), on constate qu’une large majorité s’est produite à l’automne, essentiellement au mois d’octobre. Cependant, il est intéressant de remarquer que la quasi-totalité des mois de l’année a déjà vu se produire une inondation sur le territoire Tech-Albères.

Cela nous apprend une chose: bien que le risque d’inondation soit plus important lors des mois d’automne, il est présent tout au long de l’année !
On peut également noter que l’une des plus fortes inondations vécues par le territoire, l’aiguât de Sant Barthomeu (en 1842) qui fit de nombreuses victimes, s’est produit lors du mois d’aout. Or, depuis ce dramatique épisode, le tourisme s’est considérablement développé sur le territoire. La très forte concentration de population que l’on observe lors de  la saison estivale sur l’aval du bassin versant du Tech et sur les communes littorales laisse à penser que les dégâts qui pourraient être occasionnés aujourd’hui lors d’un évènement similaires pourraient être bien supérieurs.